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L’Atelier dans la course !

by / jeudi, 12 juillet 2018 / Published in L'actu de l'Atelier

L’histoire a démarré il y a quelques mois lorsqu’un groupe de solexistes baptisé « l’équipe des 0 »  a contacté l’Atelier pour la préparation d’un solex « de course ».

Ce solex devait être prêt pour tourner le 8 juillet, à l’occasion des « 4 heures Solex », une course qui se déroule tous les ans sur la commune de St-Etienne-des Oullières dans le Beaujolais.

Vous l’avez compris, l’Atelier est plutôt orienté sur les restaurations « origine » et la préparation de « bêtes de course » n’est pas dans son ADN premier.

Toutefois, plusieurs choses ont fait que ce projet a été intégré dans le planning de l’Atelier :

  1. l’enthousiasme de ce groupe de Solexistes était très communicatif et le courant est vite passé,
  2. les objectifs recherchés étaient proches de ceux de l’Atelier : faire une machine fiable qui puisse endurer une utilisation soutenue,
  3. la compétition, c’est aussi la possibilité de pouvoir tester efficacement des pièces et des systèmes de préparation « à la dur ».

L’Atelier a relevé le défi, un solex sera donc inscrit à cette compétition dans la classe « origine améliorée ».

En base : rien…. seul un cadre de 3800 Motobécane en bon état a été fourni par l’équipe des 0.

Il a donc fallu créer un moteur et peaufiner un peu la partie cycle en vue de cette course d’endurance.

 

La partie cycle

C’était l’opération la plus facile.

Le travail a consisté en

  • la vérification des jantes (rayons, chambres, pneus) afin d’éviter toute crevaison ou casse à ce niveau et ainsi gagner du temps au stand,
  • le changement de l’ensemble des freins, soumis à rude épreuve car le circuit de 2, 5 kms comportait une descente assez longue se terminant par une épingle à cheveux,
  • l’allégement du cadre de toutes les pièces inutiles ou saillantes pour gagner du poids et assurer une meilleure sécurité au pilote,
  • le changement de l’ensemble « cycle » : chaine et roue libre car les relances à la pédale permettent de soutenir le moteur
  • le renfort de l’axe de pédalier qui a tendance à se désouder sur les cadres des derniers Motobécanes

Nous verrons par ailleurs que ces deux derniers points sont également utiles en cas de panne pour revenir au stand !

 

Côté moteur

A ce niveau, tout était à faire.

Nous sommes donc partie d’un ensemble de pièces hétéroclites mais en excellent état :

flasques galet et allumage, vilebrequin origine…. et c’est tout !

Le moteur a été monté sur la base d’un carter aluminium taillé dans la masse.

 

Le vilebrequin a été rectifié et poli pour s’adapter parfaitement à ce carter, ces deux opérations permettant un parfait passage des flux. de son côté la bielle a reçu 2 roulements à aiguilles neufs, histoire là aussi d’avoir l’esprit tranquille.

 

A partir de là, un ensemble de pièces neuves ont été ajustées : galet, bobine d’allumage, cylindre de 41 3 transferts, pipe de 11, culasse haute compression (sans soupape pour éviter toute fuite à ce niveau), pompe à essence neuve, levier de relevage « race », installation d’un coupe circuit (obligatoire en course) etc…

Le carburateur a été réalésé, équipé d’un boisseau plat et d’un gicleur variable par un spécialiste des courses de Solex. De même cette personne s’est occupé de l’équilibrage du volant magnétique, opération indispensable lorsqu’on commence à titiller les tours minutes !

Après quelques heures de travail, on arrive à cela :

 

 

Solex livré, les premiers essais sont concluants et l’équipe des 0 procède à quelques ajustements : dépose de l’optique pour une meilleure ventilation du moteur, encoche dans la coiffe de filtre à air pour aspirer encore plus d’air, ajustement du gicleur variable au circuit afin d’obtenir le meilleur compromis et surtout une bougie de la bonne couleur pour éviter tout risque de serrage.

 

La course

Le 8 juillet, c’est le grand jour.

Entre origine, origine amélioré, prototypes et super prototypes, on en prend plein les yeux. Certains engins sont étonnants mais tous sont différents. On passe ainsi d’un Solex totalement bidouillé quasiment renforcé à la pâte à joint et au fil de fer au super prototype totalement fonctionnel et magnifiquement usiné.

On passe aussi du solex origine se déplaçant à 35 à l’heure au monstre préparé pour atteindre les 110/120 kms/h ! Et tout cela sur la même piste !!

Le matin est réservé aux réglages et qualifications. Après une dizaine de tours, le Solex est prêt et obtient un classement très honorable : premier derrière tous les super protos et même devant certains protos plus « simples ». Bravo !

14h00 : Après les dernières consignes du commissaire de course, les participants s’élancent façon « le Mans », leurs Solex étant rangés dans l’ordre des temps de qualification.

Et la course se déroule, minute après minute, heure après heure, rythmé par les arrêts au stand pour changer de pilote ou refaire le plein.

Le Solex tourne bien et arrive à faire du 2,30 minutes au tour. Cette puissance et régularité permettent à l’équipe des 0 d’occuper la première place « inter catégorie » et de prendre de nombreux tours d’avance.

L’après midi avance et la chaleur est de plus en plus forte ; on sent bien, sur toutes les machines à refroidissement par air, que la puissance diminue.

Par souci de ménager la monture, l’équipe des 0 ralentit un peu le rythme avec des passages à 2, 50 minutes, gardant ainsi une avance confortable pendant les 3 premières heures de course.

Puis arrive la dernière heure, le solex continue à tourner comme une horloge les premières vingts minutes puis…..il ne passe plus !

C’est « à la pédale » qu’il revient au stand.

Un rapide contrôle (trop rapide ?) fait état d’un …manque d’essence dans le réservoir !

En effet, la chaleur ambiante, associée à celle du moteur, crée un phénomène de vapor-lock au sein du réservoir. De fait, dès que le niveau d’essence est insuffisant, les gaz « bloquent » l’admission.

Une fois le plein refait, il repart aussitôt mais manque de puissance.

Après un nouveau tour, un nouvel arrêt au stand me permet de diagnostiquer…. une rupture du volant magnétique !

Cette vénérable pièce d’origine, bien que parfaitement équilibrée, n’a pas résisté à la contrainte de la course et à la puissance du nouveau moteur.

Bref, rapide démontage et remontage d’un autre volant et l’équipe des 0 reprend la course mais beaucoup de temps perdu, hélas.

 

18h00 : fin de la course est proclamation des résultats, l’équipe finit seconde au classement inter catégories.

Pour l’Atelier, cette expérience reste sur un bilan assez positif  qui valide surtout la qualité des pièces utilisées et le montage effectué. Nous saurons aussi, pour la prochaine foi (?), renforcer ce maudit volant ou …. le remplacer par un autre ensemble…à voir !

L’expérience acquise nous sert pleinement !

 

Encore merci à l’équipe des 0 pour la confiance qu’ils nous ont apportée et merci aussi pour le magnifique accueil que vous nous avez fait sur votre stand lors de cette course !

 

Du coup…. l’Atelier engagera peu être un proto l’année prochaine.. on est très tenté !!

🙂

 

N’hésitez pas à jeter un oeil au diaporama :

L’Atelier dans la course

 

 

 

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